"Les Bas-Alpins d'abord" avec Marie-Anne Baudoui Maurel

Article du quotidien national " Le Monde " du 12.10.2013

Vous trouverez ci dessous la reproduction d'un article paru dans le quotidien national "LE MONDE" dans son édition d'hier où l'on parle des personnes ayant eu le courage de rejoindre des équipes qui veulent se mettre au service des citoyens.

 

Digne les bains y est citée.

 

 

Marie Anne Baudoui Maurel

 

Ils participent à la "dédiabolisation" du Front national, et le parti n'hésite pas à les mettre en avant. Ces "transfuges" ont quitté leur parti en 2012 ou 2013. Et se retrouvent propulsés têtes de liste Rassemblement Bleu Marine (RBM) ou FN pour les municipales de 2014.

 

Arnaud Cléré, tête de liste RBM à Gamaches (Somme), commune d'un peu moins de 3 000 habitants, a pris sa décision en mai. Il souhaitait faire une liste commune avec le FN. L'UMP, que cet ancien militant villiériste avait rejoint en 2007, a annoncé son exclusion. Du coup, il a sauté le pas. Cet éleveur caprin de 34 ans a adhéré à Souveraineté, indépendance et libertés (SIEL), un microparti, composante du RBM. "Ma liste pour Gamaches comporte 7 UMP. Si le parti les exclut tous, ça va faire beaucoup", indique-t-il.

 

Début juillet, Patrick Amate, à présent tête de liste RBM à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), s'est aussi attiré les foudres de l'UMP en affichant son rapprochement avec le FN. Encarté au RPR, puis à l'UMP, il dit avoir ressenti pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy un "enrayement". "Nous étions des pions, nous n'étions pas considérés", déclare-t-il. Cet exportateur de vins commence à avoir des contacts avec le FN dès le début de l'année 2012. Je suis encarté RBM, pas FN. Mais effectivement, je travaille et je milite comme un militant FN", explique-t-il.

 

Il ne montre aucun signe d'inquiétude quant à une éventuelle exclusion de l'UMP. "A l'époque, ils avaient dit qu'ils allaient m'exclure la semaine suivante. Cela fait presque trois mois maintenant. Ils ne veulent pas que je sois exclu, sinon ils l'auraient fait depuis longtemps", croit-il savoir. "Un membre du cabinet de Renaud Muselier à Marseille m'a dit : "De toute façon on va attendre"". Mais attendre quoi ? "Les élections", se gausse la tête de liste RBM de Carry-le-Rouet.

 

"NEUF MOIS POUR FRANCHIR LE PAS"

 

Autre prise de choix dans les filets frontistes, Marie-Anne Baudoui-Maurel, ex-présidente de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy dans les Alpes-de-Haute-Provence. Elle est

désormais tête de liste FN à Digne-les-Bains. Le Conseil constitutionnel l'a déclarée inéligible le 8 février et pour une durée d'un an, pour ne pas avoir fourni à temps ses comptes de campagne, lors des dernières législatives. Les élections municipales ayant lieu en mars 2014, "cela ne m'empêche en aucune manière de me présenter", affirme-t-elle. Et d'ajouter : "Je n'ai pas repris ma carte à l'UMP parce que j'ai été très déçue de l'image qu'ont donnée les dirigeants. Les élections pour la présidence du parti, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase." Démarchée par le FN, elle déclare avoir mis "neuf mois pour franchir le pas".

 

Sur sa liste, elle se targue d'avoir un autre transfuge : Gilles de Valckenaere, ancien socialiste. Militant actif au PS de 2008 à 2011, il était encore en 2012 le coordinateur départemental du mouvement La Rose et le Réséda, fondé par l'ancien candidat à la primaire socialiste Arnaud Montebourg.

 

Ce restaurateur, âgé de 47 ans, évoque une "guerre d'ego" rendant le PS dignois "inactif et aphone". Quant au mouvement d'Arnaud Montebourg, il lui reproche d'"avoir fait deux réunions, puis plus rien. Ce n'était rien d'autre qu'un coup médiatique.". Il a choisi de ne pas renouveler son adhésion en 2012 et a pris sa carte au FN en mars. "Passer de l'aile gauche du PS au FN, il faut être sûr de ne pas se tromper", dit-il, affirmant avoir "adhéré aux idées de Marine Le Pen, notamment sur l'immigration et la sécurité, qui ne sont pas des gros mots".

 

Denis Vigouroux, lui, a annoncé sa candidature sur une liste RBM à Gonesse (Val-d'Oise) cet été. Cet ancien UMP y figure en troisième position. Exclu de l'UMP, mais membre de Force républicaine, l'association de François Fillon, il assure "ne pas avoir été mis à l'écart de cette force-là".

Quelques mois auparavant, Jean-Bernard Formé a décidé de quitter l'UMP pour le FN. Ce professeur de physique-chimie est à présent tête de liste FN à Lorgues (Var). Sa décision remonte à mai 2012, après la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. "Ce soir-là, j'ai quitté le staff et me suis retiré. J'ai découpé ma carte d'adhérent plus tard, après les élections internes et les cafouillages qu'il y a eus", se souvient-il. La liste qu'il conduit compte pour l'instant "trois UMP qui ont aussi coupé leur carte" à l'issue du bras de fer Fillon-Copé.

"AUCUNE HÉMORRAGIE"

Pierre-Jean Robinot a été candidat pour le MoDem, à Epinal, aux municipales de 2008, mais sans être encarté. En 2012, la décision de François Bayrou d'annoncer qu'à titre personnel il voterait pour François Hollande le décide à quitter le parti. Propriétaire de deux commerces à Epinal, l'homme assure que, sur sa liste, "pratiquement la moitié des colistiers viennent d'autres partis".

Au total, le FN affirme avoir investi une centaine de militants transfuges, sans préciser quand ces derniers ont quitté leurs partis respectifs ; 41 viendraient de l'UMP, 7 seraient issus du MoDem et du Nouveau Centre, 8 du Mouvement pour la France, 3 du RPF, 7 de Debout la République, 16 du PS, 9 du PCF, et 1 du NPA.

 

Christophe Borgel, le "M. Elections" du PS, juge que "le FN fait beaucoup de mousse sur le fait qu'ils piquent des gens, mais ce n'est pas pour autant une réalité". A l'UMP, selon Jérôme Lavrilleux, bras droit de Jean-François Copé, "le FN fait son opération de communication, mais il n'y a aucune hémorragie".

 

Laura Fernandez Rodriguez



04/03/2016
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